Ce cinquième volume nous invite à explorer les différentes dimensions de l’accueil. Données dans des circonstances variées, les quatre conférences rassemblées dans ce volume abordent les différents lieux de nos Églises dans lesquels la question de l’accueil se pose : accueillir les personnes en quête spirituelle loin des institutions ecclésiales, accueillir les personnes bénéficiant des aumôneries (en prison, à l’hôpital ou en d’autres lieux) et tout simplement les personnes qui viennent à l’une ou l’autre rencontre. Dans tous ces lieux, dans toutes ces occasions, on se demande comment accueillir au mieux, et comment le faire au nom de l’Évangile dont nous voulons témoigner.
L’enjeu est certes important, mais – chacune à sa manière – les quatre conférences rassemblées ici nous rappellent que quoi que nous fassions, il s’agit de ne pas oublier que le premier qui accueille, c’est Dieu lui-même : avant de chercher qui et comment accueillir, ou même à la manière dont nous accueillons l’Évangile dans notre vie, il nous faut sans cesse faire mémoire de l’accueil radical que Dieu nous offre. C’est là que chacune des quatre conférences rassemblées revient toujours.
Michel Bertrand, avec « La spiritualité aujourd’hui, une approche protestante », nous invite à certes à accueillir les différentes formes que prend la quête de spiritualité et d’intériorité aujourd’hui, mais sans laisser de côté la radicalité dérangeante de l’Évangile d’un Dieu qui accueille inconditionnellement.
S’adressant à des personnes travaillant dans les aumôneries d’hôpitaux, Céline Rohmer, dans « Accueillir ou être accueilli ? Pour une théologie de la voix passive », nous rend attentifs et attentives d’abord à la rencontre de chaque personne avec Dieu, qui nous transforme et, si nous acceptons cette transformation, rend capable de rencontrer d’autres en profondeur.
Dans le même contacte, Guilhem Antier, dans « Une éthique de l’hospitalité ? », met en garde contre les « il faut », les « on doit », qui signent la moralisation de l’accueil et de l’hospitalité et nient l’altérité de l’autre.
Christophe Singer, dans « Quel Évangile pour aujourd’hui ? Comment le dire ? », réfléchit avec des prédicateurices de l’Église au risque de réfléchir trop vite aux moyens de faire entendre l’Évangile avant de réfléchir à ce qu’est cet Évangile, et surtout avant de se laisser rencontrer et accueillir par cet Évangile.
C’est parce que nous sommes accueilli-es que nous pouvons, au moins un peu accueillir. Non pas comme une bonne œuvre qui nous achèterait l’amour et l’accueil de Dieu à notre égard, mais comme le fruit de cet amour et de cet accueil dont nous sommes appelé-es à vivre. C’est aussi parce que nous sommes accueilli-es par Dieu que nous pouvons nous laisser accueillir par d’autres, ce qui est une autre manière d’accueillir et de témoigner : en laissant l’autre voir ma radicale vulnérabilité, en le laissant en prendre soin, je lui dis ma confiance en lui, en elle, ouvrant la voie à sa confiance. Comme le Fils de Dieu venant s’incarner dans un nouveau-né, radicalement dépendant, confiant que l’on prendra soin de lui.
Sandrine Landeau
L’accueil de l’Evangile, coll. À voix haute, vol. 5, Lyon, Olivétan, 2022.

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