Comment organiser une Journée mondiale de prière célébrée par des femmes dans plus de 170 pays, régions et îles à travers le monde ? Et qu’est-ce qui rassemble et enthousiasme les Suissesses pour prier ensemble, chaque premier vendredi de mars depuis 1936 ? Dans leur article de blog, Vroni Peterhans, présidente de la Journée mondiale de prière Suisse, et Sara Hanselmann, vice-présidente, racontent pourquoi elles s’engagent avec cœur et passion pour cette journée. Elles partagent aussi leur joie pour le jubilé de 2026, car même après 90 ans, cette journée est tout sauf dépassée.
Vroni Peterhans : contre les injustices et pour la paix
Je suis enthousiaste : depuis 1936, la Suisse célèbre la Journée mondiale de prière. Cela signifie que chaque année, le premier vendredi de mars, la même liturgie est célébrée à travers le monde, avec les mêmes prières et les mêmes chants !
Une immense sensation de communauté en émerge, renforçant ainsi l’esprit du titre de cette année, inspiré par nos sœurs nigérianes de la JMP : « Je veux vous fortifier. Venez ! »
La Journée mondiale de prière nous offre la possibilité d’agir contre la paralysie face aux crises mondiales. Depuis 90 ans en Suisse, nous avons régulièrement attiré l’attention sur les défis de notre planète commune, comme les conséquences du réchauffement climatique et les discriminations envers les femmes. Nous prenons clairement position contre les injustices et pour la paix. En tant qu’association indépendante, nous pouvons aborder des sujets délicats et prier pour eux.
La Journée mondiale de prière : un œcuménisme vécu et enraciné
Ce qui me fascine aussi, c’est que dans notre petite Suisse, nous célébrons cette journée en cinq langues, reflétant ainsi, à petite échelle, la diversité du monde. Mais ce qui est encore plus marquant, c’est l’œcuménisme concret que cette journée incarne. La JMP réunit des femmes de confessions et dénominations variées, qui se sont jointes au fil des décennies : d’abord les méthodistes, renforcées par les femmes protestantes, puis élargies aux femmes chrétiennes-catholiques et catholiques, et aujourd’hui portées également par des femmes néo-apostoliques, orthodoxes et de l’Armée du Salut.
Dans cette histoire de 90 ans, deux moments me touchent particulièrement : la liturgie de 1972, préparée avec des textes de Silja Walter, et celle de 1992, élaborée conjointement par l’Allemagne, l’Autriche et la Suisse comme un cadeau pour le monde entier : « Vivre en sagesse avec la création ».
Chaque année, nous nous plongeons dans la réalité, la culture et les enjeux spécifiques aux femmes d’un des 140 pays participants. Après une année de préparation, nous célébrons ensemble la Journée mondiale de prière, point d’orgue de notre engagement. Ce réseau me motive, en tant que présidente, à continuer d’avancer avec un comité et un conseil très engagés, pour pouvoir chanter chaque année, lors de la célébration : « Le soleil qui pour nous se couche apporte aux humains, de l’autre côté de la mer, la lumière… »
Sara Hanselmann : Renforcer les droits des femmes et leur participation
« S’informer pour prier – prier pour agir » : telle est la devise qui guide, depuis 90 ans en Suisse, la célébration de la Journée mondiale de prière des femmes.
Chaque année, j’attends avec impatience ce moment où je ressens cette connexion mondiale, grâce à la célébration d’une liturgie commune.
Pour permettre à tout le pays de prier en étant informé, la liturgie, initialement en anglais, est d’abord traduite en allemand, puis dans les langues nationales : français, italien, sursilvan et vallader. La traduction allemande est le fruit d’un travail commun entre des femmes d’Allemagne, d’Autriche et de Suisse, et sert de base pour les versions dans nos langues nationales.
Ce que je trouve passionnant, c’est de rechercher des informations sur le pays d’origine, en particulier sur les conditions de vie des femmes. J’apprends toujours quelque chose de nouveau et suis impressionnée par la force, le courage et la confiance avec lesquels tant de femmes à travers le monde relèvent les défis de leur quotidien.
Au sein du comité suisse, nous préparons divers contenus pour nous rapprocher du pays et du monde des femmes qui y vivent. Chaque année, nous étudions le texte biblique de la liturgie lors d’une réflexion biblique et proposons des chants adaptés à la célébration. Dans la mesure du possible, nous associons à nos préparatifs des femmes originaires du pays concerné par la Journée mondiale de prière et vivant en Suisse. Pour moi, ces rencontres sont toujours des moments précieux qui offrent un aperçu du quotidien dans ce pays.
Des collectes qui transforment la vie des femmes
Grâce aux collectes, nous exprimons notre solidarité et soutenons une grande variété de projets en faveur des femmes. Pour moi, ce travail de projet est un autre moyen essentiel de renforcer les droits des femmes et leur participation, de sécuriser leur indépendance économique, de promouvoir leur santé, de favoriser l’accès à l’éducation, de protéger leurs moyens de subsistance et de combattre les violences fondées sur le genre.
Pour la sélection des projets, nous collaborons étroitement avec les référentes allemandes et autrichiennes. Pendant la période du COVID-19, nous n’avons pas pu nous rencontrer physiquement et avons appris à utiliser Teams et Zoom. Cela a simplifié notre coopération : nous pouvons désormais échanger plusieurs fois par an et rester à jour plus facilement.
Mon vœu ? Que la Journée mondiale de prière en Suisse reste dynamique et continue d’évoluer avec son temps pendant les 90 prochaines années.
Qu’est-ce que la Journée mondiale de prière ? Le premier vendredi de mars, plus de 170 pays, régions et îles célèbrent le culte de la Journée mondiale de prière. Chaque année, la liturgie est préparée par des femmes chrétiennes d’un pays différent et mise à disposition de tous les pays participants. La Journée mondiale de prière en Suisse fait partie d’un mouvement mondial de femmes issues de nombreuses traditions chrétiennes. Chaque année, elles invitent toutes et tous à célébrer ensemble une journée de prière commune. Grâce à cette communauté de prière et d’action, les personnes du monde entier se sentent unies. En Suisse, ce sont environ 600 groupes qui célèbrent cette journée en vallader, sursilvan, italien, français et allemand. En 2027, la Journée mondiale de prière fêtera ses 100 ans à l’échelle internationale.
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