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Éthique de la paix : 10 questions et 10 réponses du Conseil de l’EERS

8 juin 2026

Avec la publication « 10 questions – 10 réponses – Éthique de la paix », le Conseil de l’Église évangélique réformée de Suisse (EERS) propose une réflexion théologique et éthique sur la guerre, la paix et la responsabilité politique. Le document répond aux défis posés par les guerres, le terrorisme, les violences hybrides, les violations du droit international et les profondes mutations de l’ordre mondial. Il montre comment une éthique chrétienne de la paix peut affronter la réalité de la violence sans la justifier ni la considérer comme un moyen politique ordinaire.

Le texte s’appuie sur le modèle évangélique réformé de la « paix juste ». Dans cette perspective, la paix ne se réduit pas à l’absence de guerre. Elle désigne un ordre fondé sur le droit, la justice, la liberté, la protection des personnes et la réconciliation. Construire la paix implique donc d’agir bien avant les conflits, notamment en renforçant les institutions, les droits humains, la prévention de la violence et la justice sociale.

Le document aborde notamment les thèmes suivants :

  • la mission publique de l’Église face à la guerre et à la paix ;
  • le modèle de la « paix juste » et l’idée que « la paix est la réalité » ;
  • le ministère de la réconciliation en temps de guerre ;
  • l’évaluation éthique du recours à la force militaire et de la légitime défense ;
  • le rôle central du droit international ;
  • la responsabilité de protéger de l’État et de la communauté internationale ;
  • la place de la foi chrétienne dans les situations de guerre ;
  • les enjeux éthiques du commerce et des exportations de matériel de guerre ;
  • l’évaluation de la révision de la loi suisse sur le matériel de guerre.

Le Conseil de l’EERS rappelle que la guerre n’est ni sainte, ni bonne, ni voulue par Dieu. La violence militaire demeure toujours un mal moral. Toutefois, dans des situations d’injustice extrême, elle peut, à des conditions juridiques et éthiques très strictes, constituer un ultime recours pour protéger des personnes et préserver le droit. Le respect du droit international, de la proportionnalité, de la protection des populations civiles et du principe de l’ultima ratio reste déterminant.

Le document souligne également le rôle essentiel du droit international, qui limite la violence, soumet la puissance au droit et fournit le cadre indispensable à une paix durable. La responsabilité de protéger, tant au niveau national qu’international, doit toujours s’exercer dans le respect de la Charte des Nations Unies et du droit international humanitaire.

Une attention particulière est portée aux exportations de matériel de guerre. Les armes ne sont pas des marchandises comme les autres : leur exportation implique une responsabilité morale et juridique quant aux conséquences prévisibles de leur utilisation. Les intérêts économiques ou industriels ne sauraient donc prévaloir sur les exigences d’une politique de paix responsable.

Concernant l’adaptation de la loi fédérale sur le matériel de guerre, le Conseil adopte une approche nuancée. Une plus grande flexibilité n’est pas exclue par principe, mais elle n’est acceptable que si les droits humains, le droit international, la proportionnalité, l’évaluation des risques, la transparence et le contrôle démocratique demeurent pleinement garantis.

À travers ces dix questions et dix réponses, l’EERS offre une base de réflexion pour les Églises, les responsables politiques et l’ensemble du public. Cette publication contribue à nourrir le débat sur l’éthique de la paix, la légitime défense, le droit international et les exportations de matériel de guerre dans une perspective évangélique réformée.

Le document complet en PDF

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