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Je t’ai aimé – Dilexi Te

16 avril 2026

« Dilexi Te » : c’est par ces mots, en écho à l’Apocalypse, que le pape Léon XIV reprend l’héritage du pape François. Que signifie aimer comme le Christ, se faire proche des plus pauvres, et que nous dit cette exhortation sur notre foi et notre engagement ? Une recension à lire pour comprendre comment l’Église catholique romaine réaffirme son rôle face à la pauvreté.

Introduction

Il y a six mois, le nouveau pape Léon XIV signait ainsi sa première exhortation apostolique « Fait à Rome, près de Saint-Pierre, le 4 octobre, mémoire de Saint-François d’Assise, de l’année 2025, la première de mon pontificat ». Double continuité, s’il en est, pour le successeur d’un pape qui avait choisi le patronyme du Poverello, et rédigé, le 24 octobre 2024 sa quatrième et dernière encyclique Dilexit nos (Il nous a aimés) autour de l’amour divin et humain du Cœur du Christ.

Après y avoir affirmé l’identification de Jésus avec les plus petits de la société, leur dignité ainsi révélée et les conséquences d’une contemplation de l’amour du Christ conduisant à devenir instruments pour libérer et aimer autrui, le pape François avait préparé, les derniers mois de sa vie, une exhortation apostolique sur l’attention de l’Eglise aux pauvres.

Héritier de ce projet inachevé, Léon XIV est heureux de le faire sien, tout en y ajoutant quelques réflexions, se disant convaincu du lien fort entre l’amour du Christ et son appel à nous faire proche des pauvres. Des pauvres à qui le Christ adresse le même appel que celui de l’Apocalypse, « moi je t’ai aimé » (Ap 3, 9) : mots adressés à une communauté sans importance ni ressources, exposée à la violence et au mépris.

Structure de l’exhortation

Dans la tradition du genre épistolaire pontifical, le texte se présente, ici, en une succession de 121 paragraphes, répartis sur 5 chapitres. Genre littéraire oblige, une part considérable de l’exhortation est émaillée de citations bibliques, patristiques, conciliaires, épiscopales et, bien évidemment, pontificales. Ces dernières sont, pour les raisons ci-dessus expliquées, le plus souvent de la plume du pape François.

Présentation

Quelques paroles indispensables (§§ 4 à 15)

L’affection envers le Seigneur va de pair avec celle envers les pauvres. Au « les pauvres, vous les aurez toujours avec vous » de l’onction à Béthanie (Mt 26) correspond un « je suis avec vous pour toujours » de la fin de l’Evangile (Mt 28) qui passe par l’identification du Ressuscité aux plus petits de ses frères (Mt 25). On est dans la Révélation bien davantage que dans la bienfaisance.

Saint François. Le choix de ce nom par le précédent pape faisait clairement référence aux paroles d’un cardinal qui lui avait demandé, en l’embrassant, de ne pas oublier les pauvres. Comme il y a huit siècles, le choix prioritaire pour les pauvres engendre un renouveau extraordinaire tant dans l’Eglise que dans la société.

Le cri des pauvres a été entendu par Dieu dans sa révélation à Moïse, ce qui nous conduit, surtout en Eglise, à nous identifier au cœur de Dieu dans l’écoute de leur cri constant, quelle que soit la forme de cette pauvreté. Aux vieilles pauvretés viennent s’ajouter de nouvelles, plus subtiles et dangereuses. Les causes structurelles s’expriment par un phénomène d’accroissement des inégalités, même dans les pays riches.

Il s’agit de combattre les préjugés idéologiques, notamment la méritocratie, y compris chez les chrétiens. Les pauvres ne le sont ni par hasard, ni par choix. Il faut toujours relire l’Evangile pour ne pas lui substituer la mentalité mondaine.

Dieu choisit les pauvres (§§ 16 à 34)

Le choix des pauvres est celui d’un Dieu qui s’est fait pauvre pour nous libérer de l’esclavage, d’où l’option préférentielle de l’Eglise pour les pauvres, dont l’expression est née en Amérique latine.

Dans la continuité de la prédilection de Dieu pour les pauvres, dans l’Ancien Testament, Jésus, se présente au monde non seulement comme Messie pauvre, mais aussi comme le Messie des pauvres et pour les pauvres. Si l’Eglise veut être celle du Christ, elle doit faire place aux petits et marcher, pauvre, avec eux.

La miséricorde envers les pauvres dans la Bible se découvre dans l’Ancien Testament, chez les Evangélistes, y compris dans les Actes, chez Paul et, de manière particulièrement forte, chez Jacques. Léon XIV cite l’exhortation apostolique de François en 2013 : « La Parole révélée est un message si clair, si simple et si éloquent qu’aucune herméneutique ecclésiale n’a le droit de le relativiser… » Autant d’exemples à imiter et qui ont incité les chrétiens à aimer et produire des œuvres de charité.

Une Eglise pour les pauvres (§§ 35 à 81)

« Ah, comme je voudrais une Eglise pauvre et pour les pauvres » avait proclamé François après son élection. Le lien inséparable qui unit la foi chrétienne et les pauvres s’est déployé sur une histoire bimillénaire. Des exemples non exhaustifs en sont évoqués dans ce chapitre.

Ambroise, rapportant le martyre de Laurent, affirme que les pauvres, ce sont la vraie richesse de l’Eglise. Les Pères de l’Eglise et les Pauvres. Pour eux, l’on ne saurait séparer le culte de l’attention aux pauvres. Avec Jean Chrysostome, cette attention devient même critère du vrai culte : « Dieu n’a pas besoin d’objets en or, mais d’âmes en or ». Qui plus est : ne pas donner aux pauvres, c’est les voler. Dans le même sens, pour Ambroise, il s’agit, à l’occasion de l’aumône, de rétablir la justice, et de dénoncer l’accumulation. En résumé, la rigueur doctrinale, sans miséricorde, est un discours vide.

Le soin des malades est une déclinaison particulière de la compassion chrétienne (Ordre hospitalier, Ordre des Clercs, Filles de la Charité, Sœurs hospitalières, etc…).

Le soin des pauvres dans la vie monastique occupe une place prépondérante dans l’histoire de l’Eglise. Avoir tout quitté, par libre choix, n’empêche pas, mais conduit au contraire à l’accueil des pauvres. Et même à les former. La contemplation n’exclut pas la miséricorde, mais l’exige comme son fruit le plus pur. Libérer les captifs est une ligne suivie par des ordres (Trinitaires, Mercédaires) appelés à libérer esclaves ou prisonniers chrétiens, souvent par une offrande sacramentelle de soi.

Témoins de la pauvreté évangélique, les ordres mendiants sont vus comme le fruit de l’Esprit Saint au XIIIème siècle. Franciscains, Clarisses, Dominicains, Augustins et Carmes défient à la fois l’opulence cléricale et la froideur de la société urbaine, non seulement en servant les pauvres, mais en se faisant pauvres avec eux, non par prosélytisme, mais par identification. Leur ligne n’est pas celle de réformes sociales, mais de conversion personnelle et communautaire à la logique du Royaume.

Dans le domaine scolaire, en revanche, L’Eglise participe à l’éducation des pauvres, au sein d’ordres nés au XVIème (Piaristes), XVIIème (Salésiens), XVIIIème (Ursulines) ou XIXème siècle (Maristes). L’école catholique se veut espace d’inclusion, de formation intégrale et de promotion humaine, conjuguant foi et culture pour honorer l’image de Dieu et construire une société meilleure.

Accompagner les migrants a toujours été un appel pour l’Eglise à reconnaître en eux une présence vivante du Seigneur. Que ce soit pour permettre aux migrants catholiques en terres étrangères de ne pas être exploités ni perdre leur foi (Scalabrini, Cabrini) ou par l’effort d’institutions plus largement ouvertes (Caritas, …) il s’agit d’accueillir, de protéger, de promouvoir et d’intégrer les migrants. Là où le monde voit en eux des menaces, l’Eglise y voit des fils.

Avec Mère Teresa de Calcutta, Dulce des Pauvres au Brésil, Charles de Foucault dans l’Atlas et bien d’autres saints, il s’agit d’être présent auprès des derniers, non pour leur apporter Dieu mais pour le rencontrer en eux. Se pencher sur les plus pauvres, revient pour l’Eglise à assumer sa posture la plus élevée.

Enfin, on ne saurait oublier les mouvements populaires, constitués de laïcs, sous la conduite de leaders souvent soupçonnés et parfois persécutés.

Une histoire qui continue (§§ 82 à 102)

« Le siècle de la Doctrine sociale de l’Eglise » est le sous-chapitre qui passe en revue les prises de position pontificales depuis la célèbre encyclique Rerum novarum de Léon XIII (1891), tout en affirmant l’indispensable interaction entre baptisés et magistère, peuple et institutions.

Si Léon XIII dénonçait la situation intolérable de nombreux ouvriers et proposait l’instauration d’un ordre social juste, Jean XXIII promouvait, dans Magister et Magistra, une justice à dimension mondiale en 1961, peu avant le Concile de Vatican II. Le thème de tout le Concile a pu être identifié comme celui du mystère du Christ dans les pauvres, et l’Eglise comme l’Eglise de tous et en particulier des pauvres. Dans la foulée des convictions de Vatican II, Paul VI affirme que « nul n’est fondé à réserver à son usage exclusif ce qui passe son besoin, quand les autres manquent du nécessaire ».

Si Jean-Paul II consolide la relation préférentielle de l’Eglise pour les pauvres sur un plan doctrinal, Benoît XVI offre une lecture plus politique de la question, repérant davantage les carences sociales et institutionnelles que les carences matérielles.

Léon XIV doit son propre regard au discernement de son prédécesseur, François, sur l’apport des autres Eglises, notamment du Sud global, mais aussi à son expérience propre au Pérou. Les deux derniers sous-chapitres reprennent le développement de deux thèmes chers au pape François.

Des structures de péché qui créent pauvreté et inégalités extrêmes. Ayant écouté les propos des conférences épiscopales de Medellin puis de Puebla, François dénonce « la dictature d’une économie qui tue… Ce déséquilibre procède d’idéologies qui défendent l’autonomie absolue des marchés et la spéculation financière. Par conséquent ils nient le droit de contrôle des Etats chargés de veiller à la préservation du bien commun ». A quoi Léon ajoute ceci : bien qu’il existe différentes théories justifiant l’état actuel des choses, c’est aujourd’hui et pas demain que la dignité de toute personne doit être respectée.

Alors que François dénonce, dans sa dernière encyclique, Dilexit nos, une structure de péché dans la société, Léon XIV, avec Jean-Paul II, ose parler d’aliénation sociétale : « C’est une véritable aliénation qui conduit à ne trouver que des excuses théoriques et à ne pas chercher à résoudre aujourd’hui les problèmes concrets de ceux qui souffrent ». Notre devoir est de nous engager davantage à résoudre les causes structurelles de la pauvreté et de cesser de faire comme si les pauvres n’existaient pas. Cette tâche incombe à tous les membres du peuple de Dieu, au risque de s’exposer, la proposition de l’Evangile n’étant pas celle d’une relation individuelle et intime avec le Seigneur seulement. Tous sont requis dans cet engagement, et particulièrement les pasteurs et responsables.

Les pauvres comme sujets. Le choix préférentiel de l’Eglise pour les pauvres découle donc de la foi au Christ qui s’est fait pauvre pour nous enrichir. La Conférence des évêques latino-américains de 2007 (Aparecida) reprend cette thématique dans un contexte de disparités criantes, insistant sur la nécessité de considérer les communautés marginalisées non plus comme objets de bienfaisance, mais comme sujets capables de créer leur propre culture, à écouter, valoriser, et même à considérer comme nos évangélisateurs. Mettre en relation nos plaintes avec leurs souffrances peut nous inviter à simplifier nos vies.

Un défi permanent (§§ 103 à 121)

Léon XIV dit vouloir rappeler cette histoire comme partie intégrante du chemin ininterrompu de l’Eglise : la vie des pauvres est sa propre chair. L’amour des pauvres, quel qu’en soit la forme, est la garantie d’une Eglise fidèle au cœur de Dieu. C’est, pour le chrétien, une question de famille autant qu’un problème social.

De nouveau le bon Samaritain, auquel le pape François invitait à réfléchir dans Fratelli tutti (2020), avec cette question : « A qui t’identifies-tu ? » Reconnaître en l’autre un être humain plutôt qu’un tas ou un déchet : la question est urgente dans nos sociétés et même nos communautés.

Un défi incontournable pour l’Eglise d’aujourd’hui. Lors de l’effondrement de l’Empire romain déjà, Grégoire le Grand contrait les préjugés de ses contemporains en affirmant que, chaque jour nous trouvions Lazare, même sans le chercher. Le défi est le même aujourd’hui, lorsque nous pensons pouvoir nous passer des autres. Les pauvres peuvent être des maîtres silencieux qui ramènent notre orgueil et notre arrogance à une juste humilité. Ce sont les pauvres qui nous évangélisent, nous ramenant à l’essentiel de notre foi. Chair du Christ, ils sont au centre même de l’Eglise.

François mettait en garde, dans son exhortation apostolique de 2013 Evangelii gaudium contre la compréhension de certains mouvements chrétiens d’une religion se limitant à la sphère privée, dominée par une mondanité spirituelle avec des réunions infécondes et des discours vides. Léon XIV enchaîne en contestant l’opinion théologique limitant la tâche de l’Eglise à la prière et à l’enseignement de la vraie doctrine. Une telle dissociation est intenable, mondaine, laissant la place à un discours pseudo scientifique sur la liberté de marché, reléguant parfois le problème aux seuls gouvernements.

Donner, encore aujourd’hui. Un dernier mot sur l’aumône, rarement pratiquée quand elle n’est pas méprisée, même parmi les croyants. Si la doctrine sociale de l’Eglise a toujours considéré le travail humain comme participation à la création, il arrive que la possibilité de travailler n’existe pas encore pour telle ou telle personne. Loin de dégager les autorités compétentes de leurs responsabilités, le geste de l’aumône permet de s’arrêter, de regarder, de toucher la personne pauvre en face.

Dans la foulée de toutes les hymnes à l’aumône de la bible, on peut citer cette expression attribuée à Chrysostome : « L’aumône est l’aile de la prière. Si donc tu ne donnes pas une aile à ta prière, elle ne vole pas. »  L’amour chrétien, prophétique, et les convictions profondes doivent être nourris, et cela se fait par des gestes. Que ce soit par votre travail, votre lutte pour changer les structures injustes ou ce geste simple, le pauvre sentira que les paroles de Jésus s’adressent à lui : « Je t’ai aimé ».

Appréciation

La manière dont le nouveau pape prend le relais de son prédécesseur est admirable, parachevant son travail, y intégrant de nombreuses et parfois longues citations. A tel point que l’on se demande, au fil du texte, ce qui est finalement écrit par qui dans une composition théologique autant riche que touffue. La continuité est, en tous les cas, assurée tant du point de vue théologique que magistériel. A comparer de plus près le vocabulaire et le ton de l’un et l’autre pontife, il apparaît que François tenait un discours plus prophétique et interpellant, notamment dans son exhortation apostolique de 2013 Evangelii gaudium ou sa dernière encyclique Dilexit nos en 2024.

Reste que le pape Léon, certes plus prudent, intègre délibérément cette veine courageuse du pape François, la faisant sienne a priori, étant lui-même, ici ou là, personnel ou courageux dans son propos.

Cependant le courage de l’auteur se lit davantage à telle ou telle page que dans sa conclusion, plutôt faible, et même quelque peu frustrante. En effet, l’appel final à renouer avec la pratique de l’aumône est une voie pastorale forte, mais insuffisante dans un domaine complexe, et dont la dialectique est pourtant présente dans l’ensemble du texte : aide aux plus petits, d’une part, et dénonciation des structures injustes, d’autre part. Ce second volet est pris en compte par Léon XIV – successeur symbolique de Léon XIII, pape de la doctrine sociale de l’Eglise – mais pas vraiment en conclusion, où l’on aurait pu attendre un appel vibrant aux dirigeants, notamment chrétiens.

Derrière cette lacune, s’en cache probablement une autre : le choix théologique d’aborder la question de la pauvreté sous l’angle prioritaire de l’amour – cf. le titre de l’exhortation Je t’ai aimé – plutôt que sous l’angle d’un amour articulé à la question de la justice. Par ailleurs, on aurait pu attendre une meilleure articulation entre les thématiques économiques et écologiques : comment penser ensemble le cri des pauvres et le cri de la terre, pourtant si bien posé dans la grande encyclique du pape François Laudato si (2015) ?

Ces deux regrets étant posés, où sont nos exhortations protestantes officielles en ces domaines aujourd’hui brûlants : disparité croissante entre pauvres et riches, dialectique des priorités entre fin du mois et fin du monde ? Où se trouve dite une parole courageuse à la tête de nos Eglises, aujourd’hui craintives devant toute accusation de faire de la politique ?

La force de cette exhortation papale réside dans cette légitimité à conserver un droit à la parole à temps et à contre-temps, au nom de la bible, et en particulier des Evangiles, de la tradition, de l’histoire et de l’expérience. Au risque peut-être de se lancer dans un narratif auto-célébratif, parfois non critique (par exemple envers les ordres pratiquant une offrande sacramentelle de soi), doublé d’un oubli de mouvements non catholiques ou non assimilés par Rome, comme celui de Pierre Valdo, les Pauvres de Lyon, qui annonce pourtant la spiritualité franciscaine. Pas un mot non plus sur la pratique ancienne, aujourd’hui décriée, d’une pastorale de la consolation à bon marché faisant miroiter le paradis en compensation de la misère présente. Non plus sur le discours actuel des théologies de la prospérité, certes prônées par des milieux évangéliques ou pentecôtistes, mais forcément contagieuses et nuisibles aux sociétés de pays dits pauvres ou en voie de développement.

Pourquoi Rome se priverait-elle de lancer des corrections aux Eglises non romaines lorsque celles-ci dévient de l’Evangile ?

La force de cette première exhortation du nouveau pape réside finalement dans la claire reprise de l’affirmation théologique selon laquelle la question de la pauvreté, avant que de relever de l’éthique ou de la bienfaisance, relève fondamentalement de la christologie et de l’ecclésiologie – avec ce corollaire négatif qu’il y manque tout un volet éthique, lequel pouvait se lire pourtant dans le Rerum novarum de Léon XIII ou le Laudato si de François.

A la décharge du nouvel évêque de Rome, la question de l’articulation de la question de la pauvreté subie ou choisie reste une question très complexe, comme on peut le relire dans le Journal d’un curé de campagne de Georges Bernanos : « C’est à eux (les pauvres) que le bon Dieu nous envoie d’abord, et pour leur annoncer quoi ? la pauvreté. Ils devaient attendre autre chose ! Ils devaient attendre la fin de leur misère (…) « Tel que tu me vois, j’aimerais assez leur prêcher l’insurrection, aux pauvres ».

Lectorat

A défaut de disposer d’un texte de cette ampleur, dans un contexte où les « ingénieurs du chaos » si bien démasqués par Guliano Da Empoli accélèrent délibérément la péjoration sociétale, les chrétiens, pasteurs, responsables d’autres Eglises seraient bien inspirés de se pencher sur cette exhortation apostolique du pape Léon XIV, et pourquoi pas à en faire une reprise confessionnelle ou oecuménique à tous les niveaux (enseignement, liturgie, pastorale, diaconie). On y trouve des perles, dont certaines sont communes à nos traditions (citations bibliques et patristiques). Sans compter que la pauvreté n’a pas, ou plus, de spécificité confessionnelle et encore moins ecclésiale en un monde d’interdépendance avérée.

Les directions d’Eglise, les institutions diaconales, centres sociaux, et pourquoi pas les clubs de service sont invités à découvrir cette exhortation afin de consolider ou réorienter leur mission.

Léon XIV, Je t’ai aimé Dilexi te. Exhortation apostolique sur l’amour envers les pauvres, Bayard, Cerf, Mame, octobre 2025 (Edition officielle de la Conférence des évêques de France)

Jean-Baptiste Lipp est pasteur dans le canton de Vaud, ancien membre d’exécutif d’Eglise (CER, EERV). Il est également membre du groupe des Dombes (depuis 2010).

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