Une contribution oecuménique des Églises à propos de la révision de la loi sur le travail
Avec « Protégeons notre dimanche, resserrons les liens de notre communauté», la Fédération des Églises protestantes de Suisse FEPS et la Conférence des évêques suisses CES présentent une contribution œcuménique commune à propos de la révision de la loi sur le travail. La publication aborde la protection du dimanche chômé et sa signification religieuse, sociale et sociétale. Elle paraît dans le contexte de la votation fédérale de novembre 2005 sur les heures d’ouverture des commerces dans les centres de transports publics.
La question centrale concernait la possibilité, pour les magasins et entreprises de services situés dans les gares à forte fréquentation et les aéroports, d’employer du personnel le dimanche sans les autorisations d’exception jusque-là nécessaires. La FEPS et la CES s’opposent à une extension des ventes dominicales et replacent cette révision dans le contexte plus large de la flexibilisation du travail dominical.
Les Églises ne fondent pas leur défense du dimanche sur des considérations uniquement religieuses. Dans la perspective chrétienne exposée par le document, le dimanche rappelle la création et l’action salvatrice de Dieu et offre un espace pour le culte et la communauté. Mais un jour de repos commun remplit également une fonction sociale fondamentale : il permet de disposer de temps en commun, renforce les familles et les relations sociales et crée un espace pour le repos, les rencontres, la vie associative et l’engagement bénévole.
Le document aborde notamment les thèmes suivants :
- la signification religieuse et sociale du dimanche,
- le temps commun pour les familles et la vie en communauté,
- le rythme entre travail et repos,
- la pratique religieuse et la vie des Églises,
- les conséquences sociales de la flexibilisation des horaires de travail,
- les effets du travail dominical sur les travailleuses et les travailleurs,
- les conséquences économiques et liées au marché du travail d’une libéralisation des heures d’ouverture.
Le texte accorde une attention particulière aux rapports entre liberté, communauté et justice sociale. À la liberté de consommer, il confronte la liberté des personnes qui fournissent les services. Pour les Églises, les activités économiques ont une place importante mais limitée : certains domaines et certains temps de la vie doivent rester soustraits à l’emprise de l’économie.
La publication examine ainsi la révision de la loi sur le travail sous des angles religieux, sociaux et économiques. Elle souligne l’importance du dimanche pour les cultes et la pratique religieuse, pour les familles, la vie associative et la cohésion sociale, tout en examinant les conséquences possibles d’une dérégulation des heures d’ouverture. Dans sa conclusion, la FEPS et la CES fondent leur refus de la révision alors soumise au vote et recommandent de tenir compte de leurs arguments lors de la votation.
« Protégeons notre dimanche, resserrons les liens de notre communauté » documente ainsi une position œcuménique des Églises sur la protection du dimanche et le travail dominical en Suisse. La publication associe réflexion théologique, considérations sociales et arguments économiques et offre des repères sur la valeur d’un temps de repos commun pour les Églises et pour la société.
Lire le document complet en PDF : SEK et al – Protegeons notre dimanche, resserrons les liens de notre communaute. Une contribution oecumenique des Eglises a propos de la revision de la loi. Texte commun 3.pdf
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