a
  1. Accueil
  2. L’agence de presse des Églises réformées romandes fête ses 25 ans

L’agence de presse des Églises réformées romandes fête ses 25 ans

10.09.2025

Discussions et débats ont marqué la soirée qui soulignait le quart de siècle de Protestinfo, mardi 9 septembre au Folklor Club de Lausanne. Au programme : retour sur sa création, pertinence pour les Églises d’avoir une presse indépendante et remises en question.

Avoir une agence de presse, une folie ? La question était au centre de la discussion qui réunissait la présidente de l’EERS Rita Famos, l’actuel président de l’EERV Philippe Leuba, le vice-président de la Conférence des Églises romandes et président de l’EREN Yves Bourquin ainsi que Beat Grossenbacher, ancien rédacteur en chef de l’ATS et membre de la commission d’expert de l’Office protestant des médias des Églises réformées romandes.

Les intervenant-es ont notamment salué le fait même que les Églises engagent des journalistes qui peuvent parfois avoir une position critique sur l’institution découle d’une approche bien réformée, ouverte aux débats et aux remises en question. Même si certains articles critiques peuvent parfois heurter la sensibilité des autorités d’Églises, le fait de continuer d’avoir une presse indépendante ne semble pas être remis en question par la majorité. Attention toutefois à ne pas tomber dans le sensationnalisme pour juste « faire le buzz » ainsi qu’à couvrir d’autres sujets que les sempiternelles restrictions budgétaires et autres problèmes structurels. Les parallèles avec la Suisse alémanique ainsi que l’idée de définir certaines limites face à l’institution qui finance l’agence de presse ont également été abordés.

Crédibilité journalistique

La liberté journalistique est toutefois primordiale pour les médias avec lesquelles travaille Protestinfo. Sans elle, l’agence n’aurait pas la crédibilité pour proposer ses articles qui sont repris par la presse séculière à travers toute la Suisse romande. À noter que les journalistes de l’agence sont également régulièrement sollicités comme expert-es du fait religieux dans diverses émissions, une spécialisation qui est aujourd’hui pratiquement inexistante au sein des rédactions. Cette importance du respect de la déontologie journalistique a été développé lors d’une deuxième Table ronde riche en échanges avec l’ancienne rédactrice en chef adjointe de 24 Heures Joëlle Fabre, la productrice et présentatrice à Léman Bleu Laetitia Guinand, la responsable de la rubrique Monde au « Temps » Aline Jaccottet et le journaliste à ArcInfo, ancien rédacteur en chef de « L’Express » et « L’Impartial » Nicolas Willemin.

Un ovni dans le paysage médiatique

En préambule, Michel Kocher, ancien directeur de Médias-pro est revenu sur la création de l’agence qui fait figure d’ovni dans le paysage médiatique Suisse romand. Un pari osé qui a porté ses fruits jusqu’à aujourd’hui avec des évolutions qui se sont succédées au fil des ans, en fonction des rédactrices et rédacteurs en chef qui ont porté cette mission. Nul doute que Protestinfo devra encore faire face à certaines adaptations dans les années qui viennent avec l’évolution du paysage médiatique et bien sûr les sempiternelles restrictions budgétaires et autres problèmes structurels.

Pour clore la rencontre, Protestinfo n’a pas hésité à se mettre « sur le grill » avec les questions du public. Une discussion ouverte qui a permis à chacune et chacun de s’exprimer. Un exercice voulu par la rédactrice en chef Anne-Sylvie Sprenger et le journaliste Lucas Vuilleumier afin de pouvoir mieux expliquer leur démarche face à certaines désapprobations et pourquoi pas aussi, en bon réformé-es, continuer à questionner leur pratique.