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Appels œcuméniques pour la paix au Moyen-Orient

21 avril 2026

Face à la violence persistante et aux récentes escalades au Moyen‑Orient, des actrices et acteurs ecclésiaux se sont à plusieurs reprises exprimés publiquement à différents niveaux. Des organisations ecclésiales internationales telles que le Conseil œcuménique des Églises (COE) et la Communion mondiale d’Églises réformées (CMER) ont publié des déclarations, des appels conjoints et des prises de position appelant à la paix, à la désescalade et à la protection des populations civiles.

Ces prises de parole internationales sont complétées par des témoignages émanant d’Églises protestantes et d’institutions ecclésiales de la région elle‑même. Elles proviennent de personnes qui vivent et exercent leurs responsabilités au cœur des réalités marquées par la guerre, l’insécurité et les bouleversements sociaux, et qui partagent leurs expériences, leurs inquiétudes mais aussi leurs espérances.

L’Église évangélique réformée de Suisse a également publié une prise de position sur la situation actuelle au Moyen‑Orient : https://www.eks-eers.ch/fr/eks-zur-lage-im-nahen-osten/

Le présent article rassemble des déclarations d’organisations ecclésiales internationales ainsi que des voix d’Églises protestantes et d’institutions ecclésiales de la région.

Prises de position ecclésiales internationales

Conseil œcuménique des Églises (COE)

Le Conseil œcuménique des Églises s’est exprimé à plusieurs reprises à propos de l’escalade de la violence au Moyen‑Orient, et en particulier de l’extension du conflit en direction de l’Iran. Dans ses déclarations officielles, le COE met en garde contre une spirale dangereuse de la violence, condamne les attaques militaires visant des infrastructures civiles et rappelle avec force l’obligation, en droit international, de protéger les populations civiles.

Il a invité à plusieurs reprises les responsables politiques à la désescalade, au dialogue et à des solutions diplomatiques, tout en attirant l’attention sur les lourdes conséquences humanitaires et sociales de la violence persistante.

Déclarations principales :

Par ailleurs, le COE appelle à la prière commune et met à disposition des ressources pour les Églises et les communautés :

Communion mondiale d’Églises réformées (CMER)

La Communion mondiale d’Églises réformées s’est elle aussi clairement exprimée à travers plusieurs déclarations face à l’escalade de la violence au Moyen‑Orient. Elle condamne les attaques militaires et les frappes aériennes, rappelle l’importance du respect du droit international humanitaire et affirme sa solidarité avec les populations touchées, en particulier avec les Églises réformées de la région.

Elle appelle de manière répétée à la cessation des violences, à la protection des civil.e.s et à la reprise de véritables processus politiques et diplomatiques.

Déclarations :

Déclaration œcuménique conjointe de plusieurs communions ecclésiales

Une importance particulière revient à une déclaration conjointe de plusieurs organisations ecclésiales internationales, parmi lesquelles le COE et la CMER. Cette prise de position qualifie l’extension du conflit de menace grave pour la paix, la cohésion sociale et la sécurité humanitaire. Elle met en lumière les conséquences dramatiques pour les populations civiles, les personnes réfugiées et les groupes particulièrement vulnérables, et appelle la communauté internationale à agir avec détermination en faveur d’un cessez‑le‑feu, du respect des droits humains et de processus de paix durables.

Conseil des Églises du Moyen‑Orient

Le Conseil des Églises du Moyen‑Orient (CEMO) s’est lui aussi exprimé à plusieurs reprises face à l’escalade de la violence. Il décrit l’aggravation de la crise humanitaire pour les populations civiles, la pression croissante sur les structures ecclésiales locales, ainsi que l’importance de l’intercession, de la solidarité et de la responsabilité internationale.

Dans son bulletin Light of Hope, le CEMO montre combien les Églises de la région sont à la fois profondément affectées et des actrices essentielles au service des populations.

Voix d’Églises protestantes partenaires et d’institutions de la région

La manière dont les Églises protestantes et les institutions ecclésiales du Proche‑Orient vivent l’escalade actuelle se manifeste tout particulièrement dans les témoignages de celles et ceux qui assument des responsabilités ecclésiales dans un contexte marqué par la guerre, l’insécurité et l’épuisement social. Les voix rassemblées ici proviennent d’Églises partenaires et d’organisations avec lesquelles l’EERS entretient des relations de partenariat. Elles parlent de ce qui les accable, des tensions intérieures auxquelles elles sont confrontées, mais aussi de ce qui, malgré la violence, continue à nourrir l’espérance.

Rosangela Jarjour, secrétaire générale du Fellowship of Middle East Evangelical Churches (FMEEC)

« Nous vivons depuis des semaines dans une tension permanente. Beaucoup sont épuisés – pas seulement physiquement, mais intérieurement. Personne ne sait combien de temps cette violence durera ni jusqu’où elle s’étendra. Ce qui est particulièrement douloureux, c’est le sentiment d’impuissance : beaucoup vivent cette guerre comme absurde et évitable, et pourtant nous y sommes plongés. Notre foi continue de nous porter, mais elle est mise à l’épreuve. C’est pourquoi il est essentiel pour nous que notre souffrance soit vue et que des voix ecclésiales s’élèvent clairement, au niveau international, pour mettre fin à la violence et rappeler la responsabilité politique. »

Paul Haidostian, président de l’Union des Églises évangéliques arméniennes du Proche‑Orient (UAECNE)

« Je considère comme dangereux le fait d’accepter la puissance militaire comme solution. Cela devient encore plus grave lorsque la religion est utilisée pour justifier ou masquer la violence. L’Église ne peut pas emprunter cette voie. Sa tâche est d’ouvrir un autre horizon : le chemin du Christ, fondé non sur la domination, mais sur la conversion, la miséricorde et la paix. Dans le même temps, nos communautés et institutions au Liban, en Syrie, en Irak et en Iran subissent une pression énorme. Malgré cela, elles s’engagent avec une grande force auprès des personnes déplacées – sur les plans matériel, pastoral et spirituel. »

Joseph Kassab, secrétaire général du Synode évangélique national de Syrie et du Liban (NESSL)

« Ce qui nous met le plus à l’épreuve, c’est la situation des populations civiles, en particulier des enfants et des familles. Déplacements, peur et épuisement psychique marquent le quotidien de nombreuses personnes. Dans ce contexte, les Églises assument des responsabilités là où les structures étatiques ne tiennent plus. Elles deviennent des lieux de protection, de stabilité et d’accompagnement. L’essentiel est que l’aide respecte la dignité des personnes et contribue à leur autonomie sur le long terme. »

Harout Selimian, Église évangélique d’Alep

« Nous vivons avec les conséquences à long terme de la guerre et de l’instabilité, et de nouvelles incertitudes s’y ajoutent. La situation des jeunes est particulièrement préoccupante : ils manquent de perspectives claires et sont tiraillés entre le choix de rester dans leur pays ou celui d’émigrer. Les Églises, les écoles et les institutions communautaires constituent pour nous des lieux de continuité. C’est là que l’éducation, l’accompagnement pastoral et l’engagement social restent possibles. L’espérance ne naît pas de grands discours, mais du fait de porter ensemble le quotidien. »

Martin Accad, président de la Near East School of Theology (NEST), Beyrouth

« Dans une réalité marquée par la violence, les déplacements et les pertes, nous ne considérons pas l’éducation comme un retrait, mais comme un service. La formation théologique, l’accompagnement spirituel et la vie communautaire sont des investissements à long terme – en faveur du dialogue, de la responsabilité et de la paix. Plus que jamais, il s’agit de soutenir des personnes appelées à contribuer, même dans des conditions extrêmes, à une Église et à une société critiques, responsables et ouvertes à la réconciliation. »

Solidarité et engagement ecclésial

L’Église évangélique réformée de Suisse entretient des liens étroits avec ses Églises partenaires et des organisations protestantes au Moyen‑Orient. Outre la prière et l’interpellation politique, elle soutient l’aide humanitaire par l’intermédiaire de son organisation d’entraide, l’EPER. Actuellement, l’EERS relaie notamment l’appel aux dons de l’EPER en faveur de l’aide d’urgence et des projets KiZA au Moyen‑Orient.

Par ailleurs, l’EPER propose le 28 avril 2026 un événement en ligne consacré à l’escalade de la violence au Moyen‑Orient, offrant un éclairage sur la situation actuelle et sur l’action humanitaire menée avec des partenaires locaux.