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Le rapport annuel 2025 montre à l’aide d’exemples la façon dont l’EERS a assumé ses responsabilités durant l’année écoulée, comment elle a renforcé la protection, approfondi des relations et fourni des repères sur des questions sociales et ecclésiales. L’année 2025 a permis de constater que l’impact de l’Église était particulièrement fort là où des personnes, des compétences et des responsabilités agissent de concert.
Le fil est fragile. Le tissu est solide. Cette image symbolise l’année 2025. Ce n’est pas seulement une jolie métaphore, mais une expérience vécue : l’Église évangélique réformée de Suisse vit non pas d’actions isolées, mais de relations, de tâches partagées et d’une responsabilité assumée en commun. Cette forme de communion ecclésiale a fait ses preuves, en particulier en cette année marquée par de nombreux changements simultanés.
Cette responsabilité commune s’est manifestée de manière particulièrement évidente dans le domaine de la protection de l’intégrité personnelle.
Dans ce domaine, l’EERS n’a pas seulement poursuivi ses travaux ; elle a aussi créé des bases importantes, avec l’élaboration de standards contraignants et de nouveaux instruments, l’intégration de services spécialisés externes, et le franchissement de nouvelles étapes vers la réalisation d’une analyse indépendante. Notre action conjointe protège les personnes concernées et la crédibilité de l’Église.
Ces considérations valent également pour notre engagement œcuménique et international. Que ce soit en Europe, au niveau de l’œcuménisme dans le monde, lors de la conférence sur le patrimoine arménien à Berne ou encore au colloque sur la liberté de religion : en 2025, l’EERS a été présente là où l’Église joint sa voix à d’autres. Cependant, la solidité de la communion ecclésiale ne se révèle pas qu’en période de crise et de grandes questions ; elle s’exprime aussi par notre réaction à la nouveauté. La réflexion sur l’intelligence artificielle en est un bon exemple. Elle montre que l’alliage entre connaissances techniques, réflexion éthique et expérience pratique donne des repères.
J’espère que vous apprécierez ces différents aperçus de nos activités.
Rita Famos, présidente de l’Église évangélique réformée de Suisse
L’année 2025 a été riche en temps forts. L’EERS a adopté de nouveaux principes et standards pour la protection de l’intégrité personnelle. Le Synode a décidé de lancer une étude scientifique sur les abus sexuels et spirituels. Le premier synode de réflexion a ouvert un nouvel espace de débat sur des questions concernant l’avenir de l’Église. Le festival Refin a rassemblé plus de 2000 participantes et participants. La série de formations continues « La diaconie et l’IA » a suscité un vif intérêt. Berne a accueilli la conférence internationale sur le patrimoine arménien. Le colloque « Liberté de religion : parlons-en ! » a donné un signe public fort. Fin 2025, 30 collaborateurs et collaboratrices représentant 21,3 équivalents plein-temps travaillaient à la chancellerie.
La protection de l’intégrité personnelle a été l’un des sujets marquants de l’année 2025. L’EERS ne s’est pas contentée d’une réaction ponctuelle, elle a systématiquement œuvré au niveau structurel pour renforcer la prévention, la transparence et la responsabilité. Un groupe de travail spécifique, constitué de responsables ecclésiaux, de spécialistes externes et de représentantes et représentants d’organisations de personnes victimes, a examiné en profondeur les mesures nécessaires.
L’achèvement des « Principes et standards pour la protection de l’intégrité personnelle » a constitué une étape décisive. Après avoir été mis en consultation auprès des Églises membres et d’organisations spécialisées, le document a été approuvé à l’unanimité par le Synode d’été, puis publié. Les Églises membres disposent ainsi d’une base commune pour élaborer leurs propres concepts de protection. Un rapport sur la mise en œuvre des standards est prévu dans trois ans. La décision relative à la saisie structurée des signalements parvenus aux Églises membres s’est révélée tout aussi importante. À partir de 2026, ils serviront à réaliser une synthèse annuelle des atteintes à l’intégrité sexuelle, physique et spirituelle survenues dans le contexte ecclésial ainsi que des comparaisons.
À partir de 2026, ils serviront à réaliser une synthèse annuelle des atteintes à l’intégrité sexuelle, physique et spirituelle survenues dans le contexte ecclésial ainsi que des comparaisons.
Cette vue d’ensemble permettra de montrer l’étendue de la thématique, de reconnaître la souffrance vécue par les personnes victimes, de poursuivre le développement de mesures de protection et de prévention et de renforcer la sensibilisation au sein des Églises membres.
Le colloque « Les limites du sacré » s’inscrit également dans cette thématique. Réunissant des voix du domaine de la théologie, de la pratique et de la prévention, il a clairement montré que l’abus spirituel n’est pas un sujet marginal, mais représente au contraire un défi très sérieux pour les Églises et les communautés religieuses. À cela se sont ajoutées deux rencontres de liaison avec les personnes référentes des Églises membres qui ont contribué à l’échange d’expériences ainsi qu’à la mise en œuvre des principes et standards et ont notamment fourni des idées pour la gestion de signalements. Enfin, le site Internet de l’EERS met à disposition du matériel pour approfondir les principes et standards ainsi que la thématique des abus d’ordre spirituel.
L’EERS assume des responsabilités dans la coordination européenne de l’Église réformée dans le monde.
Elle a besoin d’espaces pour tester de nouvelles idées, partager des expériences et débattre dans la transparence de questions futures. En 2025, le premier synode de réflexion de l’EERS, à Morat, a permis de créer un tel espace. Volontairement conçu sous une forme qui évite la pression des décisions, il a mis l’accent sur des questions d’avenir de l’Église, sur les échanges autour de nouvelles voies possibles et sur l’ouverture à un débat sur l’« exnovation », autrement dit l’abandon de ce qui n’est plus porteur.
Le synode de réflexion a été plus qu’un nouvel événement. Il a été un signal qui a montré que l’EERS entend non seulement garantir l’avenir de l’Église sur le plan administratif, mais souhaite aussi explorer cet avenir en commun.
L’approche associant repères spirituels, ouverture méthodologique et échange collégial a révélé que la communion d’Églises était déjà riche en expériences pouvant servir de base à des développements futurs.
Cette mutation s’est aussi manifestée par une présence accrue de la jeunesse et de formes ecclésiales récentes. En mars, l’EERS est devenue membre de l’association « Deutschschweizer Jugendkirchentag ». Le festival « Refine » a rassemblée plus de 2000 participantes et participants du 31 octobre au 2 novembre. Ce genre d’événements, outre leur grande portée, témoignent d’une Église qui crée des rencontres, pense aux différentes générations et prend au sérieux les nouvelles formes de communion ecclésiale.
En 2025, l’EERS s’est intéressée de près aux nouvelles technologies et évolutions sociales, et cela de façon particulièrement visible avec la thématique de l’intelligence artificielle. À la chancellerie, un groupe de travail spécifique s’est penché sur l’IA considérée sous l’angle de la productivité et de l’éthique. Au-delà de l’aspect de l’efficacité par exemple pour la production textuelle, la traduction ou l’analyse, diverses questions de fond ont été abordées, telles que droits d’auteur, protection des données, deepfakes et rapports entre l’humain et la technique. Il apparaît là aussi que l’innovation technologique est toujours une question de responsabilité, en particulier dans des contextes ecclésiaux.
Cette réflexion a été élargie au-delà de l’administration avec le lancement par Diaconie Suisse, en collaboration avec la fondation fondia, de la série de formations continues « La diaconie et l’IA – Chances et défis des applications de l’intelligence artificielle dans la diaconie ». Celle-ci a permis de transmettre des connaissances de base, de montrer des domaines d’application et d’ouvrir des discussions sur les opportunités, les risques et les interrogations éthiques au regard des groupes vulnérables et des inégalités sociales.
Plus de 120 spécialistes ont participé aux premiers modules. Un constat en est clairement ressorti : l’Église n’est pas sur la défensive face aux nouvelles technologies, mais tente de les intégrer de manière compétente, critique et proche de la pratique.
Dans le domaine de la théologie et de l’éthique, l’EERS a aussi misé sur de nouvelles formes de communication en 2025. Le Centre de compétence Théologie et éthique a développé ses offres numériques, mis en ligne de nombreux articles de blog et critiques d’ouvrages, et poursuivi le développement de ses podcasts. Ainsi, le podcast en allemand « Reflex » a été remanié puis lancé après Pâques. Par ailleurs, une série de podcasts consacrés aux fondements de la foi chrétienne ont été réalisés en collaboration avec RefLab. Toutes ces évolutions reposent sur une même conviction : lorsque la profondeur théologique est expliquée de façon claire, accessible et en lien avec le temps présent, elle donne des repères.
En 2025, l’EERS ne s’est pas seulement penchée à l’interne sur des questions d’avenir ou d’ordre structurel. Elle a aussi fait entendre sa voix dans des débats de société, que ce soit lors d’échanges directs avec des responsables politiques, ou à travers la participation à des consultations ou à l’organisation de manifestations publiques.
Quatre séances de discussions au niveau national ont permis d’identifier des sujets politiques pertinents avec des spécialistes du secteur ecclésial et para-ecclésial, et de présenter des points de vue ecclésiaux dans les débats actuels.

L’EERS a également été présente dans le domaine de la migration et de l’asile. L’accompagnement de l’aumônerie dans les centres fédéraux d’asile s’est poursuivi et a été développé, et les rencontres nationales des aumônières et aumôniers ont offert un espace d’échange d’expérience et d’approfondissement thématique. En même temps, l’EERS a entretenu ses contacts dans le domaine migratoire, notamment au sein de groupes spécialisés, de commissions et de réseaux. La prise en compte conjointe de repères théologiques, du soutien pratique et de la vigilance quant aux droits humains s’avère ici particulièrement importante. L’Église n’intervient pas de façon abstraite, elle se tient aux côtés de personnes se trouvant dans des situations de vie qui les rendent vulnérables.
L’Église évangélique réformée de Suisse est engagée dans des relations très diverses qui se sont développées au niveau œcuménique et international. Celles-ci influencent son travail aussi bien en Suisse qu’en Europe et au sein de la communion mondiale des Églises.
Parmi les temps forts de 2025 a figuré la Conférence internationale sur la préservation du patrimoine religieux, culturel et historique arménien dans la région du Haut-Karabagh, coorganisée à Berne par l’EERS et le Conseil œcuménique des Églises. Réunissant des Églises, des spécialistes et des représentantes et représentants de la société civile et du monde politique, elle s’est penchée sur la destruction de sites religieux et culturels arméniens, sur les violations de la liberté de religion et sur les obligations de responsabilité et la protection internationales. La conférence a eu un écho considérable, y compris au-delà des milieux ecclésiaux.
Autre événement réalisé en Suisse, les vêpres œcuméniques pour les 1700 ans du crédo de Nicée ont mis en évidence les liens spirituels qui unissent les Églises. La célébration à la collégiale de Berne, préparée avec le soutien de nombreuses Églises sous l’égide de la Communauté de travail des Églises chrétiennes en Suisse (CTEC), a rassemblée environ 400 personnes.
En plus de cela, les relations bilatérales avec des Églises partenaires ont à nouveau constitué un volet important du travail de l’EERS. Les visites réciproques, les discussions et les délibérations communes, notamment avec les Églises d’Europe, du Proche-Orient et d’Amérique latine, ont contribué au maintien d’un échange continu et permis d’apprendre des différentes expériences ecclésiales.
L’engagement de l’EERS dans la promotion de la relève œcuménique a constitué un autre volet de ces relations. En 2025, l’EERS a soutenu la participation de deux personnes au programme de formation du Global Ecumenical Theological Institute (GETI) dans le contexte de la Conférence mondiale de Foi et Constitution en Egypte. Elle a également soutenu deux personnes participant au programme Young Theologians de la CEPE. Enfin, elle a à nouveau octroyé une bourse d’études de Bossey.
En 2025, le Conseil de l’EERS a repris des responsabilités et fixé des priorités stratégiques. Après la démission de Ruth Pfister, le Synode a élu en juin Sandro Bugmann au Conseil de l’EERS. Un nouveau dicastère Finances et solidarité a été créé à l’occasion de son entrée en fonction.
En même temps, le Conseil a entretenu des échanges directs avec les Églises membres.
Les visites rendues à des conseils synodaux ou conseils d’Église ont mis en évidence l’importance des rencontres, de l’écoute mutuelle et de la clarification commune des attentes envers la communion d’Églises.
Le Conseil a ainsi non seulement traité des dossiers, mais aussi œuvré en faveur des relations qui soutiennent la collaboration ecclésiale.
En 2025, la chancellerie a travaillé de façon transversale et poursuivi le renforcement de sa stabilité organisationnelle. À la fin de l’année, 30 collaboratrices et collaborateurs représentant 21,3 équivalents plein temps y étaient employés.
La direction mise en place en 2023 a de nouveau fait ses preuves. Elle a coordonné la planification annuelle, assumé la responsabilité de projets transversaux, et amélioré l’échange d’informations au sein de l’organisation. Cette forme de direction a démontré sa solidité, en particulier en cette année marquée par des sujets très divers et des évolutions parallèles.
Un accent particulier a été mis sur la numération de processus internes. En collaboration avec l’entreprise Bullinger Software Systems AG, la chancellerie a préparé la mise en service du nouveau logiciel de comptabilité Abacus.
Plusieurs modules ont déjà été paramétrés et l’équipe de la chancellerie a été formée à la nouvelle procédure, de sorte qu’en décembre, le système était prêt à être mis en exploitation au début janvier 2026. En même temps, la chancellerie a préparé le projet full cloud, qui doit permettre une organisation plus centralisée, plus efficace et plus durable de l’infrastructure informatique. Elle a également engagé des discussions en vue du futur archivage numérique.
Ainsi, la chancellerie montre elle aussi que la préparation à l’avenir ne va pas de soi mais nécessite une volonté d’apprendre, des processus fiables et la capacité d’associer évolutions technologiques et clarté organisationnelle.
Les comptes annuels 2025 complètent ce rapport du point de vue financier. Ils montrent sur quelle base l’EERS accomplit ses tâches et comment les ressources sont utilisées pour soutenir de manière fiable le travail, les coopérations et les processus de développement de l’Église.