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Le synode d’été de l’Église évangélique réformée de Suisse (EERS) s’est achevé mardi à Bulle (FR). Cette session a permis de garantir l’accompagnement spirituel dans les centres d’asile fédéraux pour les années 2027 à 2030. L’EERS réaffirme ainsi son engagement envers les personnes en marge de la société. En trois jours, le Synode a également réélu l’intégralité de son exécutif, adopté une nouvelle clé de répartition des contributions fondée sur la solidarité et débattu du rôle public de l’Église.
Aumônerie solidaire dans les centres fédéraux d’asile
Dans ces dernières décisions, le Synode a garanti la poursuite de l’aumônerie dans les centres fédéraux d’asile (CFA) pour les années 2027 à 2030. Il a approuvé son financement solidaire par la Communion d’Églises réformées. L’aumônerie auprès des demandeurs d’asile permet d’accompagner les personnes en procédure d’asile, indépendamment de leur origine et de leur religion, et constitue souvent l’un des rares points de contact indépendants en dehors des autorités dans les centres. L’aumônerie est financée de manière solidaire : les Églises membres sur le territoire desquelles se trouve un centre fédéral d’asile bénéficient d’un soutien financier commun de l’ensemble des Églises membres, à hauteur d’environ 470’000 francs par an.
Durabilité : 40 ans d’œco et remise du label « Coq Vert » à l’EERS
À l’occasion du 40e anniversaire d’œco Églises pour l’environnement, son président, Daniel Schmid-Holz, a adressé un message de bienvenue au Synode. Il a souligné que l’engagement en faveur de l’environnement et de la durabilité constituait une préoccupation théologique et ecclésiale fondamentale.
« Le travail de d’œco s’inscrit dans la responsabilité commune des Églises. Et cette responsabilité se concrétise aujourd’hui de manière très concrète. », Daniel Schmid-Holz, président de d’œco Églises pour l’environnement
Cette responsabilité s’est manifestée immédiatement après : la Chancellerie de l’EERS a reçu le certificat du label environnemental ecclésial « Coq Vert », lancé il y a une dizaine d’années. Son engagement pour l’environnement est ainsi officiellement certifié. Un signe d’action durable qui doit également encourager les Églises membres à prendre leurs propres mesures.
Rapport annuel de l’EPER
Le Synode a également pris connaissance du rapport annuel 2025 de l’œuvre d’entraide de l’Église évangélique réformée de Suisse. L’année dernière, l’Entraide protestante suisse (EPER) a mené plus de 200 projets en Suisse et à l’étranger et a notamment fourni une aide humanitaire à hauteur de 38,9 millions de francs. En Suisse, l’œuvre a dépensé 43,8 millions de francs, dont 14,6 millions pour des projets liés à l’exil et à la migration. L’exercice s’est soldé par un déficit de 8,2 millions de francs – un résultat qui, selon l’EPER, est légèrement meilleur que prévu, mais qui reflète les conditions-cadres devenues plus difficiles dans la coopération internationale au développement et l’aide humanitaire, ainsi que la suppression du mandat de protection juridique en Suisse du Nord-Ouest. Tant le produit total (129,0 millions de francs) que le volume des projets ont reculé par rapport à l’année précédente. Avec une part des frais administratifs et de collecte de fonds de 10,8 %, l’EPER reste nettement en dessous de la valeur maximale des œuvres d’entraide certifiées Zewo.
Diaconie et IA
Le Synode a pris connaissance du rapport d’activité et des comptes annuels 2025 de la fondation fondia, qui soutient des projets de diaconie dans les paroisses réformées – en 2025 encore, plusieurs dizaines de demandes ont été déposées, allant de la distribution de denrées alimentaires à prix réduit pour les personnes en situation de précarité à des offres paroissiales accessibles à tous. La fondation a mis l’accent sur le thème « La diaconie et l’IA » : en collaboration avec la Conférence Diaconie Suisse, elle a soutenu une série de formations continues visant à examiner les opportunités et les limites de l’intelligence artificielle dans le travail diaconal des Églises. Au cours de plusieurs modules, plus de 120 professionnels ont testé des applications concrètes et discuté de questions éthiques – par exemple, dans quels cas l’IA peut utilement alléger la charge de travail et dans quels cas, face à des personnes en détresse, une attention personnelle, qui ne peut être déléguée à des algorithmes, reste nécessaire. La fondation considère cette réflexion comme le fondement de futurs projets et a clôturé l’année sur des bases financières saines.
Financement des œuvres d’entraide
Le Synode a approuvé la contribution de base solidaire 2027 destinée aux œuvres d’entraide, d’un montant d’environ 4,45 millions de francs, tel que proposé par le Conseil. Grâce à cette contribution, prélevée depuis 2026, les Églises membres financent conjointement le travail de l’Entraide protestante suisse (EPER) et des organisations missionnaires Mission 21 et DM. Les contributions des différentes Églises restent inchangées.Le Conseil a délibérément choisi de ne pas anticiper le débat en cours sur la clé de répartition des contributions. La contribution de base regroupe les modes de financement jusqu’ici distincts, apporte plus de transparence et de sécurité dans la planification, et met à la disposition des œuvres des moyens disponibles librement afin de leur permettre de réagir avec souplesse aux nouveaux défis.
Informations du Conseil : accompagnement spirituel en milieu de santé et protection de l’intégrité personnelle
Le Conseil a fourni des informations sur deux axes prioritaires. D’une part, sur le Centre de compétence pour l’aumônerie en milieu de santé (CAMS), dont la création avait été approuvée par le Synode en novembre 2024. Le centre de compétence a commencé ses activités il y a neuf mois sous la direction de Claudia Kohli Reichenbach. En janvier 2026, la première conférence nationale sur l’accompagnement spirituel a réuni environ 80 participant-es venu-es de toutes les régions du pays. Un réseau national et une plateforme d’échanges sont en cours de mise en place afin de renforcer l’accompagnement spirituel dans les hôpitaux, les foyers et les cliniques.
Le Conseil a également fait le point sur le dossier de la protection de l’intégrité personnelle. Suite aux « Principes et standards » adoptés lors du Synode d’été 2025 et à l’étude scientifique indépendante décidée en novembre 2025, concernant les abus sexuels et spirituels dans le milieu des Églises réformées, l’EERS poursuit la mise en place de structures communes : un service de signalement unique compétent à l’échelle nationale, en collaboration avec les services cantonaux d’aide aux victimes, un concept de prestations de reconnaissance à l’intention des personnes victimes ainsi que le recensement structuré des cas signalés. L’EERS entend ainsi garantir la prévention, le traitement des cas et des standards uniformes dans toutes les Églises membres.
Le synode en bref
Pour 2027, le Synode a également décidé d’organiser une collecte avec une somme cible est de 60 000 francs pour l’Institut œcuménique de Bossey. Centre de formation initiale et continue du Conseil œcuménique des Églises, l’institut se situe près de Genève.
Lors de l’heure des questions, le Conseil a répondu à une question du Conseil synodal de l’Église évangélique réformée du canton de Vaud (EERV) concernant l’application du principe de subsidiarité inscrit dans la Constitution. L’Église vaudoise souhaitait avoir plus de précisions en ce qui concerne les critères selon lesquels les dossiers sont abordés au niveau national, plus précisément en ce qui concerne le choix des sommes cibles pour les œuvres d’entraide et les projets relatifs à la protection de l’intégrité personnelle. Elle a fait remarquer que la marge de manœuvre pour une approche nationale était réduite lorsqu’une Église membre s’engageait elle-même dans le domaine. Le Conseil a renvoyé à une conception dynamique de la subsidiarité : le critère décisif ne repose pas uniquement sur ce qu’une Église peut mieux faire de manière autonome, mais également sur ce qui peut être mené à bien avec plus de crédibilité et d’impact de manière collaborative. Une démarche commune suppose toujours un mandat du Synode, s’élabore de manière participative et fait l’objet de consultations. Toute directive contraignante à l’égard des Églises membres est exclue. Dans les deux exemples cités, cette procédure a été respectée, l’Église vaudoise a d’ailleurs été directement impliquée dans chaque dossier.
Bilan des deux jours précédents
Dimanche dernier, le Synode a réélu son exécutif pour le mandat 2027-2030 : la présidente Rita Famos a été réélue avec 61 voix sur 63 voix (deux abstentions), et les six autres membres du Conseil d’EERS à une large majorité. Bruno Marmier, président du Grand Conseil du canton de Fribourg, a adressé un message de bienvenue au Synode.
La journée de lundi a été consacrée à des questions d’orientation fondamentales. Avec le nouveau « modèle de solidarité », le Synode a adopté une clé de répartition de l’EERS qui ajuste les contributions des Églises membres en fonction de leurs capacité financière. Dans le cadre d’une interpellation, le Synode a débattu de la manière dont l’Église doit communiquer publiquement, ainsi que sur le choix du moment le plus adapté. Les discussions se sont ensuite concentrées sur la manière dont l’Église doit communiquer publiquement, ainsi que sur le choix du moment le plus adapté.