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Les principes et standards pour la protection de l’intégrité personnelle servent à définir des bases communes à l’EERS et à ses Églises membres pour la mise en place et le développement de leurs concepts de protection. Ils reposent sur les terminologies et les champs d’application définis dans le chapitre précédent et indiquent les mesures concrètes à mettre en oeuvre afin de protéger l’intégrité personnelle de toute personne au sein de l’EERS et de ses Églises membres.
Ces principes et standards comprennent six éléments d’action qui, dans leur ensemble, garantissent, d’une part, une protection étendue de l’intégrité personnelle des personnes au sein de l’EERS et de ses Églises
membres et, d’autre part, une prise en charge professionnelle en cas d’intervention. Ces éléments ne se conçoivent pas séparément les uns des autres, mais forment un tout. Ils comprennent, premièrement, les éléments d’action 1 à 3 et l’élément 6 (gestion du personnel, gestion des connaissances, gestion des risques et gestion participative), qui sont des mesures concrètes liées à la prévention des abus. Les mesures préventives servent à développer une culture d’Église favorisant les feedbacks et l’analyse des erreurs commises. Autrement dit, ces mesures visent à ce que les situations délicates soient discutées et analysées avec bienveillance et ouvertement au sein des différents domaines ecclésiaux. Deuxièmement, les éléments d’action 4 et 5 (gestion des soupçons ou d’allégations et procédure d’intervention et gestion de crise) décrivent les standards minimaux en cas d’intervention. Ces six éléments d’action sont amenés à être développés dans une dynamique réflexive au sein de l’EERS et de ses Églises membres pour améliorer la qualité des structures et des processus.
Fondés sur les six éléments d’action de l’organisation spécialisée dans la prévention des abus Limita, ces éléments servent à l’orientation, à la réflexion et au développement des concepts de protection.
Les responsables sont conscients du fait que les abus sexuels ou spirituels et d’autres formes d’abus peuvent se produire dans le cadre du travail ecclésial. Par le biais de standards concrets concernant la gestion du personnel, les Églises donnent un signal clair qui peut agir comme un moyen de dissuasion précoce. Il s’agit de se positionner comme des institutions conscientes des risques d’abus, et qui mettent en place des mesures préventives dans le domaine de la gestion du personnel. Au sein de l’Église, il n’est pas rare que collaboratrices, collaborateurs et personnes bénévoles et bénévoles élues changent de paroisses d’un canton à l’autre ou dans le même canton. Les standards définis ci-après doivent s’appliquer pour tout changement ou engagement d’une nouvelle collaboratrice ou d’un nouveau collaborateur, et ce indépendamment de son niveau hiérarchique.
L’objectif d’une gestion du personnel professionnelle est de fixer à un stade précoce des mesures de prévention et de renforcer les compétences pratiques quotidiennes des équipes, au moyen des divers outils de gestion.
Les standards minimaux suivants doivent être appliqués.
Pour les collaboratrices et collaborateurs :
Pour les personnes bénévoles et bénévoles élues :
L’acquisition et le maintien des compétences en matière de protection de l’intégrité personnelle sont essentiels pour garantir la mise en oeuvre de concepts de protection au sein des Églises. D’une part, les formations de base permettent que l’ensemble des collaboratrices et collaborateurs et des personnes bénévoles et bénévoles élues soient sensibilisés aux standards minimaux applicables et informés à leur sujet. D’autre part, les formations continues, les espaces d’échange et la documentation contribuent à enrichir l’expérience de chacune et chacun. Les formations peuvent être dispensées en interne ou à l’externe. Elles favorisent aussi la réflexion dans le travail, une culture commune et permettent que la thématique de la protection de l’intégrité personnelle continue d’être développée.
L’objectif d’une gestion professionnelle des connaissances est de transmettre aux collaboratrices
et collaborateurs et aux personnes bénévoles et bénévoles élues des connaissances et des compétences pratiques concernant la dynamique des abus.
Les standards minimaux suivants doivent être appliqués.
Pour les collaboratrices et collaborateurs :
Pour les personnes référentes pour la thématique de la protection de l’intégrité personnelle au sein de l’EERS et de ses Églises membres :
Pour les personnes bénévoles et bénévoles élues :
Fourniture de documentations :
Le traitement des atteintes à l’intégrité personnelle montre qu’un déplacement des limites ou une perte subtile des distances sont initiés bien avant les abus proprement dits. Les personnes qui en sont les auteurs profitent stratégiquement de situations peu claires, de limites floues, de rôles diffus, de missions ambiguës pour construire systématiquement une relation d’emprise sur leurs victimes et pour commettre des abus, souvent répétés et qui deviennent ensuite systématiques. Toutes les institutions présentent des situations à risque, qui favorisent les atteintes à l’intégrité personnelle des personnes en leur sein. Ces situations peuvent être exploitées par des personnes susceptibles de devenir auteures pour satisfaire leurs propres besoins. Dans le milieu ecclésial, les domaines d’activités sont souvent à risque, car ils impliquent une relation asymétrique de dépendance avec, par exemple, des personnes mineures, ou des adultes vulnérables en quête de soutien. La composante spirituelle du milieu ecclésial renforce encore le risque, car elle peut être exploitée à des fins d’abus spirituels, sexuels ou d’autres formes d’abus. Par conséquent, les Églises doivent être particulièrement attentives lorsqu’elles identifient des situations à risque dans leurs structures institutionnelles et leurs domaines d’activité. Elles peuvent ainsi en discuter objectivement et instaurer une culture du feedback sur des comportements inadéquats.
L’objectif d’une gestion professionnelle du risque est d’identifier les situations à risque afin de les analyser
clairement, d’en discuter, de les comprendre précisément et de mettre en place des mesures de prévention.
Les standards minimaux suivants doivent être appliqués.
Pour favoriser un environnement sûr, il est essentiel que les personnes victimes, les témoins ou les proches sachent où obtenir rapidement les informations et le soutien nécessaires en cas de soupçon ou d’allégation.
Il est important de noter la distinction entre un service de consultation et un service de signalement.
Le service de consultation permet d’écouter, de conseiller et d’orienter une personne présumée victime, un témoin ou un proche dans le respect de la confidentialité et de l’anonymat portant sur des soupçons, des agacements, des allégations ou des plaintes d’atteinte à l’intégrité personnelle. En d’autres termes, il s’agit d’un processus informel et indépendant de conseil confidentiel, qui offre également la possibilité de l’anonymat.
Le service de signalement a pour fonction de recevoir des signalements, de les transférer en cas de soupçon d’infraction pénale, d’en clarifier les faits, d’en vérifier la plausibilité et de prendre, le cas échéant, des mesures du point de vue de l’employeur ou de les lui recommander. Contrairement au service de consultation, le service de signalement ne garantit pas l’anonymat. En d’autres termes, il s’agit d’un processus formel de signalement. Décider les sanctions à prendre suite aux éventuelles recommandations est une responsabilité des membres dirigeants des Églises concernées. Les tâches des services de signalement et celles des membres dirigeants et l’interface entre eux doivent être conçues avec soin afin de permettre une action rapide, pertinente et professionnelle.
La peur de conséquences négatives imprévisibles, d’éventuelles représailles, de stigmatisations ou de ruptures de relations constitue un obstacle aux signalements par des personnes victimes ou des témoins, de même que les sentiments de honte et de culpabilité très fréquents chez les personnes victimes. Ces conséquences sont particulièrement menaçantes pour les personnes en situation de dépendance. Par conséquent, les prises de contact doivent être favorisées par la mise en place de services de consultation et de service de signalement facilement accessibles. En effet, l’accessibilité est importante non seulement pour les personnes présumées victimes, mais aussi pour les collaboratrices et collaborateurs, les témoins ou les proches qui souhaitent exprimer ou signaler une situation suspecte.
L’objectif d’une gestion professionnelle des situations de soupçons ou d’allégations est de faciliter et de garantir à des personnes victimes, des témoins ou des proches l’accessibilité à des services de consultation et à des services de signalement professionnels et compétents.
Les standards minimaux suivants doivent être appliqués.
Les institutions qui disposent d’une procédure d’intervention clairement définie sont mieux à même de faire face à une situation problématique et complexe et peuvent mettre fin à un abus par une approche compétente. En cas de signalements, toute institution doit disposer d’une stratégie et d’une procédure d’intervention claires, avec des personnes ou structures désignées et des services spécialisés préalablement définis, qui conseillent et accompagnent la suite de la procédure. Les standards minimaux ci-dessous définissent les grandes lignes de la procédure d’intervention, celle-ci doit être définie de façon précise et selon les types d’abus au sein de chaque Église membre.
Les Églises sont responsables des décisions à prendre et des différentes étapes de communication qui font suite à un signalement d’atteinte à l’intégrité personnelle. Les interventions doivent être soigneusement planifiées et ne doivent en aucun cas être précipitées. Les membres dirigeants des Églises sont sollicités pour garder la vue d’ensemble, pour permettre une bonne coopération entre les spécialistes ou les services impliqués et pour garantir une procédure coordonnée. Pour ce faire, il est recommandé de prévoir des personnes ou structures désignées au sein des Églises membres.
Nous parlons généralement de gestion de crise, lorsqu’il y a suspicion d’infraction pénale. En cas d’irritation, il convient d’encourager une culture du feedback et de se référer aux principes et standards définis dans les éléments d’action précédents ainsi qu’aux règlements internes et au droit du travail.
L’objectif d’une procédure d’intervention définie par avance est d’abord de protéger les personnes victimes ainsi que d’autres personnes contre de nouvelles atteintes à l’intégrité personnelle. Enfin, elle doit tenir compte du risque de fausses accusations et doit donc préserver l’identité de la personne mise en cause.
Les standards minimaux suivants doivent être appliqués.
Mise en place d’une stratégie d’intervention pour le domaine non pénal :
Mesures supplémentaires à prendre pour des soupçons ou des infractions pénales en cours ou prescrites :
L’information et la communication sur la protection de l’intégrité personnelle permettent de lever le tabou sur ce thème délicat, mais aussi d’informer et d’inciter les bénéficiaires à réagir dès les premiers signes d’une atteinte faite à leur propre intégrité ou à celle d’un tiers. La prévention directe menée auprès des enfants, des adolescents ou des bénéficiaires adultes renforce ceux-ci dans leurs stratégies de défense.
L’objectif d’une gestion participative professionnelle est d’intervenir par une prévention directe pour permettre aux enfants, aux adolescents et aux adultes d’acquérir les connaissances nécessaires et de renforcer leurs stratégies de défense.
Les standards minimaux suivants doivent être appliqués.